Les Montréalais et banlieusards taxés à partir de 2010
Notamment par des péages électroniques sur tous les ponts de la métropole
La Ville de Montréal a maintenant le statut de métropole du Québec en vertu d’une entente qualifiée d’historique par le maire de Montréal qui promet par ailleurs de ne pas recourir aux nouveaux pouvoirs de taxation et sources de revenus avant 2010.
« Montréal est reconnue pour ce qu’elle est: la métropole et le moteur économique du Québec. Nous avons non seulement la reconnaissance officielle de ce que nous sommes, mais également les outils nécessaires pour continuer à construire une ville forte, dynamique et durable, en mesure d’améliorer son attractivité par rapport aux grandes métropoles du monde », a dit Gérald Tremblay, flanqué de la vice-première ministre et ministre des Affaires municipales et des Régions, Nathalie Normandeau, et du ministre du Développement économique responsable de la région de Montréal, Raymond Bachand.
L’entente prévoit la reconnaissance de Montréal comme métropole du Québec dans sa charte. Montréal bénéficiera également d’une autonomie fiscale et administrative à l’instar de sa rivale Toronto. Le gouvernement du Québec soutiendra Montréal dans son rôle en lui accordant notamment la somme de 25 millions de dollars en plus d’autres sommes, dont les en lieux de taxes pour le Palais des congrès, totalisant ainsi 34 millions de dollars à compter de 2009.
« La reconnaissance du statut de Montréal comme métropole du Québec répond à des demandes historiques. Je réclame également depuis 2001 une diversification des sources de revenus pour la Ville, en plus de solliciter des pouvoirs à l’instar de ceux accordés à la Ville de Toronto. Je suis très fier de cette entente avec le gouvernement du Québec », a ajouté le maire.
Le maire de Montréal, maire de l’arrondissement Ville-Marie
L’arrondissement Ville-Marie, grosso modo le centre-ville, sera désormais sous la responsabilité du maire de Montréal, élu au suffrage universel. Celui-ci désignera deux conseillers alors que deux autres seront élus.
L’entente entre Montréal et le gouvernement permettra par ailleurs au conseil de ville de se déclarer compétent, en tout temps, sur certains enjeux stratégiques si nécessaire. De plus, le conseil aura la capacité d’amorcer des démarches de modifications au plan d’urbanisme et de tenir des consultations à l’Office de consultation publique de Montréal comme l’administration montréalaise l’avait demandé.
« Les ententes que nous venons de signer sont gagnantes-gagnantes. Tous les citoyens de l’agglomération de Montréal en bénéficieront, mais elles démontrent surtout et hors de tout doute que le choix de Montréal fait par les citoyens des ex-villes de banlieue était le bon », a déclaré Frank Zampino, président du comité exécutif et maire de l’arrondissement de Saint-Léonard.
Réactions de Labonté
Le chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville de Montréal, Benoît Labonté, réagit « favorablement » à plusieurs aspects de l'entente intervenue entre Québec et Montréal. Par contre, dit-il, « si nous comprenons bien les communiqués diffusés, les électeurs de Ville-Marie, seraient les seuls Québécois à se faire enlever un droit de vote par leur propre gouvernement, et cela, est intolérable ! ».
« Avec les pouvoirs qui lui sont conférés dans cette entente, ajoute M. Labonté, le maire de Montréal ne pourra plus, comme il le faisait régulièrement, accuser le gouvernement du Québec d’être responsable de tous les retards que Montréal a accumulés au cours des quatre dernières années. Il est maintenant tenu de livrer la marchandise »,